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Cartographie des motivations derrière les conflits : la République centrafricaine
Steven Spittaels & Filip Hilgert, February 2009

Peu de zones en République centrafricaine sont réellement sécurisées. Même si le pays est faiblement peuplé, il est déchiré par une multitude d'acteurs armés. Ces combattants recourent aux armes pour des raisons diverses mais ils ont une chose en commun : face à un quelconque Etat bien organisé, ces opposants ne feraient pas le poids. Mais un Etat organisé, c'est justement cela qui manque à la République centrafricaine.
Premièrement, il existe trois groupes rebelles centrafricains qui disposent d'hommes armés sur le terrain qui exercent leur autorité dans les zones sous leur contrôle.
L'APRD contrôle deux zones contiguës dans le nord-est et le nord du pays. Il s'agit d'un mouvement amateur qui semble sincère quand il affirme se battre pour la sécurité de la région. Il existe toutefois une différence importante, dans leurs rapports avec la population locale et dans leur respect des droits de l'homme, entre les deux principaux commandants sur le terrain. L'APRD n'est pas suffisamment forte pour défier le gouvernement actuel de Bangui. Jusqu'à présent, le groupe a démontré qu'il était capable d'assurer sa survie mais il semble chercher une issue politique au combat.
Autre groupe rebelle, l'UFDR opère dans le nord-est de la RCA. Il a lancé une série d'attaques étonnamment efficaces contre certaines villes en 2006 et en 2007, mais en 2008, c'est le seul groupe armé qui ne se soit pas affronté à l'armée de la République centrafricaine. L'UFDR adhère aux accords conclus avec le gouvernement de la RCA et semble prêt à poursuivre le combat sur un plan politique. On ne sait pas clairement si cette disposition de l'UFDR est due à la fatigue de se battre et à un réflexe de survie ou à l'espoir sincère que l'on réponde à leurs griefs sur le plan politique. Cependant, il est clair que le mouvement a perdu beaucoup de soutien dans la région négligée et qu'il est même militairement contesté par un nombre de dissidents.
Le troisième groupe rebelle disposant d'une présence militaire en RCA est le FDPC. Il s'agit de loin du plus faible des trois et il était dormant jusque novembre 2008. La seule raison qui expliquera son réveil serait qu'il cherche à renforcer sa position de négociation dans le processus de paix en cours ou qu'il cherche simplement à troubler celui-ci.
En dehors des actions des rebelles, la population souffre aussi d'agressions de la part d'une grande série d'autres acteurs armés y compris leurs propres services de sécurité.
Les FACA ont un terrible bilan en matière du respect des droits de l'homme et est incapable d'assurer la sécurité de la population.
Une part importante de la violence est commise par des étrangers. Chaque année, de grands groupes de braconniers lourdement armés pénètrent en provenance du Soudan en RCA pour y piller sa faune. En provenance de la RDC, la LRA a mené un raid violent dans le sud-est de la RCA pendant plusieurs semaines qui a entraîné l'enlèvement de plus de 100 personnes. Du Tchad et du Soudan, des bandes armées d'éleveurs traversent les frontières du pays pour y faire paître leurs troupeaux. Ils se sont heurtés à plusieurs reprises à la population locale et le banditisme armé prospère dans leur sillage. Ces bandits armés, généralement désignés sous l'appellation de « coupeurs de route » ou « zaraguinas », constituent probablement le problème de sécurité le plus important auquel le pays est confronté. Ils troublent le peu de circulation qui existe en RCA, y compris les transports commerciaux. Au cours de leurs attaques armées, ils prennent souvent des otages. Certains de ces bandits sont centrafricains mais beaucoup d'entre eux sont originaires du Tchad, du Cameroun, du Niger et du Nigeria.
Deux missions de consolidation de la paix internationales différentes sont déployées sur le territoire de la RCA : la MICOPAX et l'EUFOR. Leurs nombres sont limités et insuffisants pour rétablir la sécurité.
La situation actuelle de la RCA paraît peu optimiste mais une présence accrue de l'Etat et une armée nationale réformée pourraient résoudre la plupart des problèmes de sécurité causés par les étrangers. Afin de répondre aux griefs des gens de diverses régions intérieures, d'autres mesures sont nécessaires, principalement à un niveau socio-économique.


  Terug
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